Crazy as Hell (film)

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Crédit : AMAZON.FR

 

Aujourd’hui, j’ai visionné un film conseillé par la fille qui me hante, Crazy as Hell. Selon elle, ce serait l’histoire d’un psychiatre qui, progressivement, sombre dans la folie. Ce serait faire abstraction des flashes- back éloquents, et des explications finales à l’Américaine, qui permettent de classer définitivement ce film dans la section « fantastique ».

Hallucination préliminaire

Ty, le psychiatre, chez lui, observe la peluche de sa fille, absente. A côté, commence à couler du sang. Alors qu’il s’approche, tout disparaît: c’était une hallucination.

Il y a un nouveau shérif … dans cet hôpital

Ty commence une expérience dans un nouvel hôpital psychiatrique. Suivi par des caméras espions, il va appliquer ses méthodes révolutionnaires. Le directeur, qui le voit comme un jeune loup arrogant, imbu de lui- même, au fait des suicides de ses précédents patients, lui explique qui commande, tout en lui laissant carte blanche pour ses patients d’un mois.

Tourmenté par son passé, et ne parvenant pas à se reposer, les visions de sa femme et sa fille décédée vont s’incorporer dans sa réalité. Mais si l’on tente de présenter Ty comme fragile, le propos ne s’arrête pas là.

Le cadre se pose: l’hôpital, les collègues, les patients, puis les personnages principaux et l’intrigue.

Le diable en robe bleue camisole blanche

Sindbad, l’homme de ménage va tenter de nouer des liens amicaux avec Ty (sans succès, puisque celui- là semble ne pas avoir le temps de s’y intéresser), la patiente va être l’occasion de galvauder son ego, et »Satan », le patient incongru, sera l’élément perturbateur.

Très vite, sont reprochés les traits de sa personnalité:

sa vanité : alors que deux de ses patients se sont suicidés précédemment, Ty accepte ce documentaire sur ses méthodes, sans les remettre en question.

Son orgueil: s’il rejette l’existence de dieu, il n’en est pas humble pour autant, puisqu’il prétend, en un mois, faire mieux que son confrère en plusieurs années.

Son envie de vivre une vie plus intense, lorsqu’il est en nage, face à la vision de la scène de baise intense entre satan et Lupa. Mais cette envie n’est pas assez forte puisqu’une fois face à Lupa, lui laissant percevoir qu’il pourrait être cette fois plus qu’un spectateur, il confirme qu’il ne peut se départir de son rôle de psychiatre, en se bornant à l’interroger, faignant de ne jamais l’avoir désirée, il persiste à vivre par procuration, et par là on peut se demander si son rôle de psychiatre n’est pas pour lui l’occasion d’agir comme Pygmalion, de façonner à sa guise les patients.

Par- delà le voile des illusions

Lorsque la patiente a un comportement préoccupant, le directeur intervient: on va en revenir aux médicaments, elle est instable. Ty a le choix, mais préfère continuer à la sevrer de pilules, alors que sa méthode n’a pas de résultat probant.

La patiente et sa défunte fille se confondent alors: il a fait les mêmes choix, pour les mêmes effets: la patiente tente de se suicider. Le patient, qui se prend pour Satan, lui explique que de par son instabilité, les médicaments sont incontournables, mais il reste aveugle à ses remarques, alors il pousse la patiente au suicide.

Ty reporte toute la responsabilité sur Satan, puis le voile se déchire. Il est en enfer, il avait peut-être encore une chance d’y échapper, Sindbad l’homme de ménage voulait lui parler mais il n’est plus temps maintenant, la noirceur envahit l’écran. « Pourtant je suis un homme bien! » « Alors pourquoi es- tu là? »

L’avant dernière scène répond en écho à la première. La peluche, le sang, et cette fois le corps de Ty gisant, égorgé. Se sachant responsable de la mort de sa fille, il s’est suicidé, ne pouvant supporter de s’être trompé. ET alors qu’il a eu l’opportunité d’agir face à une situation similaire, il a réagi avec le même orgueil pour les mêmes résultats.

Mon avis

Un film à regarder chez soi, car la progression linéaire et la succession des évènements rendent certains aspects du film hautement prévisibles. (l’échec de l’expérience du psychiatre) Les moyens à disposition sont minimes, donc peu d’acteurs et pas d’effet spécial. Le film est moralisateur, car chaque acte de Ty semble avoir une conséquence dont il doit payer le prix. Mais après tout, c’est en Enfer !

Quel intérêt alors ? Après l’avoir visionné, j’ai réalisé que l’histoire se déroule comme une thérapie pour permettre à Ty d’accéder à ses défauts, à les contrebalancer ( l’appel de Sindbad, qui se propose de l’aider, pour discuter ou autre) ou au moins à les accepter. Satan crée la situation pour accélérer un peu l’action, sinon en 1H30 on y serait encore! Mais au final, bien qu’il y ait une morale à avaler pour Ty, le choix (libre arbitre) lui avait été donné. Mais c’est dur de ne pas refaire les mêmes erreurs, chaque nouvelle situation a l’air totalement sans rapport avec toutes les précédentes. Mais on vit avec la somme de nos habitudes, de nos façons d’aborder le monde, et on change rarement tout à chaque instant. Ce serait un peu … schizophrène !

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A propos Erick

Diététicien, INFP, yogi coincé, coureur amateur. Buts: écrire mieux, donner du sens à chaque expérience en organisant par écrit mes impressions !
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