Fin d’étape (Julio CORTAZAR, recueil « Heures indues »)

Tableau- salle au centre de la nouvelle

Antoni Taulé – Science Mathématique

Ce qui a été peint existe- t- il encore, a- t- il un jour existé, est- ce un souvenir plaqué, figé contre une toile, ou bien ce souvenir est- il encore vivant ?

Ou alors, et si ce n’était pas un vestige du passé ? Et si ce n’était pas du monde de l’imaginaire, mais la porte vers une autre réalité … ou sa fenêtre ?

Une expo avant de manger

L’héroïne s’arrête dans une exposition. Les tableaux présentent chacun une pièce d’une maison. La profondeur des tableaux est déroutante, tous semblent se référer à la même maison, et conduire à la représentation d’une même salle, une table et une chaise baignées de lumière dans l’entrebâillement de l’échappée de la vision du jardin.

Cette vision est hors du temps

Diana s’aventure dans un couloir et parvient à cette pièce, qui semble ne pas exister comme modèle pour la peinture; la peinture serait plutôt une vision de cette pièce, tel un miroir, une fenêtre de cette salle. Diana s’y installe, se baigne dans la sérénité de la pièce, puis quitte l’exposition.

Où est ma place?

Dans un autre décor, elle comprend enfin, et revient à cette maison, s’asseoir, pour prendre place dans ce tableau, identique à sa perception initiale : le calme, la sérénité, elle peut s’y oublier, pour les goûter, sans notion de durée, de temporalité.

Mon avis

Voici encore une nouvelle de Cortazar, où ce n’est pas le suspens qui domine, mais le cheminement nécessaire à l’acceptation d’une situation.

Le tableau qui plonge Diana dans un état contemplatif, de relaxation, lui amène à découvrir qu’il est une fenêtre hors du temps de cette salle, qu’il n’en est pas qu’une peinture. En pénétrant dans la salle, elle se fige dans l’ambiance dépeinte par le tableau, qui, malgré le temps passé à l’extérieur de la maison, dépeint la pièce toujours avec la même intensité, la même luminosité.

(pour info, l’exposition virtuelle débute ici.)

Ce qui prédomine ici, c’est l’intuition. On pourrait se demander ce qu’il pourrait arriver si le tableau était introduit dans la pièce, et une fois dans la pièce, qu’elles étaient les limites de son exploration, ce qu’il était possible d’y bouleverser. Mais l’idée de cette connexion entre l’art et son modèle s’impose, et la seule interrogation, c’est pour Diana sa place face à cette réalité : elle choisi d’en profiter, tant que nécessaire.

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A propos Erick

Diététicien, INFP, yogi coincé, coureur amateur. Buts: écrire mieux, donner du sens à chaque expérience en organisant par écrit mes impressions !
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2 commentaires pour Fin d’étape (Julio CORTAZAR, recueil « Heures indues »)

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