Liliana pleurant (Julio CORTAZAR, recueil OCTAEDRE)

Sur son lit d’hôpital, en attente des résultats de ses examens, il repense à son épouse, et à sa future détresse, après sa disparition.

Il se plaît alors à imaginer comment son ami fidèle le remplacera, prenant en charge Liliana, et l’aidant à sécher ses larmes …

Comment fait Cortazar pour instiller de la gaieté à chaque étape de ce récit ?

Sans espoir

Il est condamné et il s’y est fait. Mais que deviendra Liliana, son épouse, qui s’en occupera? Alors il donne à Alfredo des consignes pour qu’après, elle ne soit pas seule dans sa détresse.

Et, assurément, le vide sera comblé, et il imagine avec tant de précision ce futur où il n’est plus là, où à chaque phase Liliana, délaissée par le chagrin, retrouve le sourire, est épaulée, retrouve l’amour.

Sans désespoir nécessaire

Et cela en devient supportable, car ce présent douloureux pour lui et pour Liliana ne perdurera pas.

Et soudain, les bribes du futur rêvé ne sont plus si limpides, si prévisibles. L’imprévu se mêle à l’histoire et perturbe toutes ses prévisions. Et Liliana peut continuer à pleurer, mais d’autres larmes maintenant.

Mon avis

J’ai abordé cette nouvelle avec tristesse. L’auteur met en place tous les éléments pour retirer toute idée d’une amélioration possible de l’état du narrateur. Qu’il s’imagine le futur était une sorte de consolation pour lui, et le récit de ce futur est si précis que je m’imaginais la peine de sa femme qui pâlissait comme jaunie par les années de tristesse.

Et d’un coup, inattendu, tout a été balayé. La situation a été totalement retournée, et un sentiment de joie m’a éclaté à la lecture, me laissant dans un état inattendu, comme lorsqu’il fait beau temps et qu’il pleut à la fois.

C’est aussi cela, CORTAZAR : le suspens, ne jamais pouvoir deviner où la lecture va aboutir.

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A propos Erick

Diététicien, INFP, yogi coincé, coureur amateur. Buts: écrire mieux, donner du sens à chaque expérience en organisant par écrit mes impressions !
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3 commentaires pour Liliana pleurant (Julio CORTAZAR, recueil OCTAEDRE)

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