Bienvenue chez les ch’tis : à voir ?

Kad Mérad campe un fonctionnaire obligé de quitter le Sud pour s’installer dans le Nord de la France, l’horreur!!

J’ai retardé au possible le moment où je verrai ce film. Dès l’instant où il a crevé le box- office français, J’ai pensé : film formaté, sans intérêt, avec de l’humour à base de moqueries d’un autre dialecte. C’était un peu réducteur …

Les clichés franchouillards du Sud

Philippe Abrams, pour la énième fois, demande sa mutation pour le Sud. Directeur d’un bureau postal de Salon- de- Provence, il souhaite changer d’air, surtout pour sa femme, dépressive.

Lorsqu’il apprend que, même avec dix ans d’ancienneté, il n’est pas prioritaire face à un handicapé, il fraude, ce qui lui vaut une sanction disciplinaire : il est affecté à Bergues, dans le Nord- Pas- de- Calais.

Sa femme, Julie,  s’imagine le Nord avec tous ses clichés : région industrielle où sévit le chômage et l’alcoolisme, une température digne de la Sibérie, et une autre langue incompréhensible, le ch’ti, parlé par les ch’timis. Dans le Nord, tout le monde est ch’timi, même les chats…

Partant seul, il est arrêté sur l’autoroute par les gendarmes, pour excès de lenteur (!), n’étant pas décidé à se rapprocher du Nord. Après explications, les gendarmes compatissent, ce qui laisse entendre que la vision de Philippe est partagée par l’ensemble des français. Le film va sans doute essayer de changer cette appréhension négative.

Se faire au changement

Accueilli par Antoine (interprété par Dany Boon), postier, en pleine nuit, sous la pluie battante, il découvre son logement de fonction, non meublé, et le ch’ti, dialecte auquel il ne comprend rien. Ce qui génère des malentendus, il s’imagine que les ch’timis de postiers se moquent de lui parce qu’il n’est pas du Nord. Ce qui est à mettre en relation avec l’accueil des gens du Sud : il y fait beau, les gens sont souriants, mais à l’instar du grand- père de son épouse, ils sont froids et distants. On peut penser que Philippe appréhende les ch’timis comme pour les sudistes, et qu’il s’imagine qu’ils lui font subir le même sort qu’un étranger subirait dans le Sud.

Progressivement, Philippe s’intègre, il apprivoise le Nord en même temps qu’il se fait apprivoiser par lui.

  • « On est très heureux de vous avoir, monsieur l’Directeur.
  • Merci Antoine! Vous habitez vraiment une région  très accueillante.
  • On peut être une région très accueillante mais si y a personne pour être accueilli ben on sert pu à ren, donc c’est vous qu’on vous r’mercie. »

Qui n’a pas compris le message publicitaire à l’adresse de la région Nord- Pas- de- Calais? 🙂

Le mensonge

Alors qu’il découvre que ses préjugés étaient infondés, son épouse, restée à Salon- de- Provence, s’imagine qu’il minimise ce qu’il vit dans le Nord. Il est donc contraint de lui mentir, car en ayant confirmation de son « enfer », cela lui donne un objet pour focaliser sa dépression, et cela la calme.

Ainsi, les fins de semaines où il rejoint sa famille sont idylliques, son épouse étant passionnée, attentionnée, alors qu’avant son aspect dépressif avait rongé la sérénité de leur foyer.

Un défaut envahissant

Alors qu’il tente d’éloigner Antoine du chemin de l’alcoolisme, pris afin d’oublier sa rupture avec Annabelle de la Poste, Philippe au contraire finit encore plus gris qu’Antoine, et les deux postiers sont arrêtés par la police nationale.

L’appel téléphonique de Philippe, bourré, au poste de police, provoque la venue de Julie dans le Nord, malgré ses tentatives pour la décourager. L’amour surpasse toutes les peurs, et son désir de sauver son mari, de même.

Alors, Philippe est contraint, pour faire cadrer le mensonge avec la réalité, d’enrôler les ch’timis dans l’entourloupe.

On se croirait dans un reportage de Groland Sat!! Dans une vieille cité industrielle, les ch’timis jouent les pires clichés du Nord pour cadrer avec les mensonges de Philippe. Cependant, cela renforce Julie dans sa volonté d’épauler son mari. Elle découvre alors le pot- aux- roses. Face à ses mensonges, Philippe lui avoue tout, mais elle le quitte, rentrant dans le Sud.

Happy end ?

La vérité n’est pas suffisante. Avec le temps, Julie comprends les arguments de Philippe.

De même, Antoine cesse de se cacher, il affronte sa mère envahissante, et, surprise, il gagne sa liberté sans combat. Le combat était dans la décision de s’émanciper et d’être vrai avec ses sentiments. Il n’était pas besoin de choisir entre sa mère et sa fiancée, c’était l’idée qu’il fallait choisir qui était erronée : c’était à Antoine de murir pour le comprendre. Et il gagne ainsi le cœur et la considération d’Annabelle.

Mon avis

« Braire? Ça veut dire pleurer. »

« Un étranger qui vient vivre dans l’ch’nord il brait deux fois : quand il arrive et quand y r’part. »

Antoine, en disant cela au début du film, le rend totalement prévisible : l’arrivée de Philippe a été pénible, mais tout les soucis s’arrangeront au final. Il y aura un happy end, et Philippe sera triste de quitter le Nord.

Au- delà de cette absence de suspens, j’ai passé un bon moment en visionnant ce film. A regarder en famille, ou avec des amis.

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A propos Erick

INFP, en transition : écrire mieux, donner du sens à chaque expérience en organisant par écrit mes impressions !
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