Les filles du botaniste : amours amazones ?

Les filles du botaniste

Je viens de voir ce film de Dai Sijie, Les filles du botaniste (2006), et je suis surpris : ce n’est pas une histoire d’amour entre deux sœurs, les filles du professeur CHEN, le botaniste.

C’est moins glauque que cela. Encore que …

Orpheline cherche stage de botanique

Min LIN (Mylène JAMPANOI), orpheline russo- chinoise, part sur une petite île chinoise pour un stage chez M. HAN, botaniste de renom.

L’accueil est désagréable :  M. HAN est pointilleux et rigoureux. a veille, elle a téléphoné passé 21H pour prévenir de son arrivée, on n’appelle pas les gens à une heure indécente comme celle- là. Et, jour suivant, elle arrive avec une heure de retard. Erreur fatale!

Continuant sur sa lancée, elle prouve son inaptitude à suivre les leçons du Maître, qui la congédie violemment. Rattrapée à la gare par Chen HAN, la fille du botaniste, qui vit seule avec lui, et le stress qu’il distille sans doute depuis que son épouse est décédée. On devine vite que Chen doit faire tout le boulot qui incombait à sa mère auparavant, et que sa vie privée et son épanouissement personnel, son père ignore leur inexistence affichée. Mais après tout, elle n’est qu’une femme en Chine des années 80, alors qui s’intéresse à sa vie? Avec Min, elle aura un peu de compagnie …

Gros comme une maison

Bien sûr, Min est extatique à l’idée de rester en compagnie du botaniste qui lui a dit : dégage. C’est pour cela qu’elle prend surtout ses leçons auprès de Chen. Et la Chen a du savoir à déverser. Mais pas que.

Assez vite, on arrive aux scènes de Luc dignes d’un film spécialisé, pour ce qui est du manque de résistance de Min qui n’attendait que les caresses de Chen, étant donné qu’être portée sur les femmes pour une femme en Chine de l’époque, c’était tout à fait fréquent. Donc on passe sur l’étonnement que cette relation ne suscite pas auprès d’aucune des filles.

L’amour entre filles, c’est ultra simple

Bien sûr, vu qu’elles s’aiment. le seul moyen pour qu’elles restent ensemble, au vu de la tolérance de la société… heu, inexistante, c’est qu’elles prennent la fuite ensemble pour travailler dur ailleurs, en cachant leur relation, mais au moins en étant ensembleLA TRICHERIE.

Le frère de Chen  passe voir sa famille, au cours d’une permission. Il est militaire, affecté au Tibet, et ça se voit :

  1. Il meurt de faim. A croire qu’il n’y a pas de fille au Tibet. Si tous les mecs sont moines là- bas, ça doit pas aider, c’est vrai.
  2. La séduction, c’est une langue étrangère. Il ne parle que chinois. Donc le cliché du gros lourds brut de décoffrage.
  3. Il ne sait rien d’elle, mais la connait depuis toujours. Ouais, ouais, et qu’elle soit lesbienne, il est au courant. C’est certain.

Et là, surprise du film : Chen, la soeur de son frère, quelqu’un de sa famille censé être super proche d’après l’esquisse de leur relation (2 minutes dans le film), quelqu’un donc qu’elle devrait penser à préserver, et bien, ses sentiments (dingue de Min, le pauvre), elle s’en fout.

Pire. Au lieu de décourager le frère, Chen encourage Min à accepter de l’épouser car, étant en poste au Tibet, elle restera avec Chen et son père au domaine. Je pense que je suis le seul à avoir pigé, car M. HAN est bien sûr aux anges en apprenant le futur mariage, et s’imagine déjà grand- père.

Parodie d’idylle

Chen est en pleurs, la veille du mariage. Min vient la consoler, la rasséréner. On croit rêver! Qui a eu cette idée diabolique de marier son frère à une bisexuelle non- hétéro- pratiquante?

Après le mariage, la lune de miel. Le frère croit que Min déconne lorsqu’elle demande à rester au domaine, alors qu’ils doivent partir en lune de miel, avec sexe à la clef.

Visiblement, la clef est bien gardée, parce que le frère est loin d’avoir pu jouir. Au vu de la pression, sa réaction est tout sauf douce. Min rentre couverte de bleus au domaine.

Le loup dans la bergerie

A son retour, de nouveau tout va bien pour Chen. Par contre, le jardin n’est plus aussi bien entretenu, les habitudes du père qui est quand même chez lui ne sont pas respectée, bref, ses pattes de canard confites, il va devoir les manger au restaurant, car Chen ne va pas les préparer, vu que Min n’aime pas ça!

Le père finit par tout faire seul, vu que son thé est dégueux, et que les plantes risquent de mourir comme celles qui n’ont pas supporté l’excès de pluie.

Finalement, il finit par découvrir le pot- aux- roses, bien caché dans une serre. Les deux amantes étant en sueur, en séance de massages dénudées, avec plantes hallucinogènes en toile de fond.

La vérité dans les dents

C’est comme découvrir que sa femme est un extraterrestre mangeur de cervelle. La vérité est si violente que M. HAN tente de tuer le démon qui a saccagé sa vie rangée, à coup de scie à plantes.

Laissé pour mort, après un coup de bêche sur la tête, Chen décide qu’il est (ENFIIIIIIIN!!!) temps de s’enfuir.

Rattrapées par la justice, les amantes apprennent que le vieux botaniste, avant de mourir, a pu confier que son état n’était pas dû à ses problèmes de cœur, mais à la découverte de la liaison interdite, et d’un coup de bêche …

Donc, il y a meurtre, et de plus la Chine interdit les relations entre filles parce que déjà qu’à l’époque il n’y avait pas assez de chinois en Chine et que si ça continue, jamais ils ne pourront dominer le monde avec le yuan et leurs restaurants comme c’est prévu dans le livre rouge de Mao.

Mon avis

« La première des libertés est celle d’aimer ». C’est le sous- titre de l’affiche du film. Ouais ouais. Sauf qu’elles ont quand même bousillé la vie du père et du fils HAN avant de comprendre que non, ça va pas être possible de vivre ensemble dans la maison du pater, et qu’il va falloir choisir entre s’aimer et … le confort de la maison. Chen ne le comprend que tard, et s’il n’y avait pas eu la tentative (réussie, au final) de meurtre sur son propre père, ben jamais elle aurait quitté chez elle, il faut croire

Donc, c’était un bon film, tourné au Vietnam, car il faut pas rêver, la Chine actuelle n’allait pas accepter de laisser tourner un film avec ce sujet, comme quoi il y en a qui sont pas plus tolérants qu’avant.

Je ne regrette pas de l’avoir vu, c’était très instructif, car à aucun moment Chen ou Min ne se sentent fautives, non pas de leur amour, faut pas déconner, mais des manigances de Chen  pour marier son frêre et du comportement de Min dans une maison qui n’est pas sienne, et avec son mari qu’elle n’a pas épousé le couteau sous la gorge.

Comme quoi, les gens vivent dans leur réalité et, sans hypocrisie aucune, ils peuvent affecter violemment la vie des autres pourvu que cela leur profite, et cela sans remords ni culpabilité, se considérant toujours dans leur bon droit!

MYLENE JAMPANOI

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A propos Erick

Diététicien, INFP, yogi coincé, coureur amateur. Buts: écrire mieux, donner du sens à chaque expérience en organisant par écrit mes impressions !
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