Lettre à une amie en voyage (Julio Cortázar, recueil « Bestiaire »)

Rabbit small

Image via Wikipedia

Le plus étonnant, ce n’était pas les petits lapins, dans cette nouvelle, mais les tracas qu’ils lui ont causé, lors de cet échange d’appartement.

D’ailleurs, comment a- t- il eu l’idée d’accepter, ne savait- il pas ce que cela impliquerait ? Ici, ce sont les tracas que le fantastique lui ont causé qui est mis à l’honneur.

Enfin la nouvelle lue à la FNAC !

Le premier livre de Cortázar que j’avais lu, « Les armes secrètes », je l’avais retrouvé à la FNAC, avec curiosité : est- ce qu’il correspondrait enfin au recueil original. Et là, surprise : l’assortiment de nouvelles avait encore changé! Je lisais donc celle- ci, inconnue pour moi.

« Carta a una señorita en Paris », un sujet de conversation et de rigolade au Pérou, avec une actrice de théâtre espagnole. L’auteur de la lettre a donc échangé son appartement de Buenos Aires pour celui d’Andrée, à Paris. Un appartement bien ordonné, où chaque chose à sa place. Et là, c’est le drame!

« Mais ce n’est pas pour cela que je vous écris, je vous envoie cette lettre à cause des petits lapins – il m’a semblé juste de vous mettre au courant- et aussi parce que j’aime écrire des lettres et peut- être aussi parce qu’il pleut. »

Retour à Arequipa, avec l’actrice espagnole

Et donc, alors qu’il faisait froid à Arequipa, je rencontre cette superbe espagnole (je l’ai su de suite, à la vue de son nez droit, franc et décidé, de ses paupières calmement posées sur ses yeux d’un vert sombre, les lèvres charnues et entrouvertes sur des dents qui mordaient dans chacun de ses mots d’un pur castillan qui tranchait avec l’accent péruvien habituel). Elle était dans notre chambre commune, à terre, étirant ses jambes; j’ai d’abord cru qu’elle était danseuse, avec ses collants bleus marine.

On s’est mis à rigoler sur cette nouvelle, elle me disant qu’elle était sa préférée, imitant les vomissements du « héros », qui donnaient naissance à un nouveau petit lapin, qu’il s’empressait de cacher dans un tiroir, car dans ce petit appartement si bien rangé, ils n’avaient leur place nulle part.

« C’est juste entre le premier et le deuxième étage que j’ai senti que j’allais vomir un petit lapin. »

« Ne m’en veuillez pas, Andrée, ne m’en veuillez pas. De temps en temps il m’arrive de vomir un petit lapin. Ce n’est pas une raison pour ne pas vivre où il me plaît, ce n’est pas une raison pour avoir honte et m’isoler et continuer de me taire. »

Totalement absurde! J’étais plié, l’espagnole qui me faisait ses imitations de « beuuurh!  » pour les lapins, tout ça alors qu’on avait commencé à parler du jeu d’acteur, je voulais savoir comment elle arrivait à dépeindre, sur scène, des émotions qu’elle n’avait jamais vécues, ou bien le cas échéant si elle pouvait se servir de ses souvenirs …

Visiblement, c’est le stress qui déclenche cela, car il savait qu’il ne pourrait pas les tuer à leur sortie de sa gorge, si mignons, alors il les enferme là où il peut, pendant son absence. Le soir, il les libère, et alors ils mangent le trèfle qu’il leur apporte, et il essaie de les empêcher de ronger les livres, les meubles …

William Saurin ? Affaire à cuire …

Finalement, il se laisse enchaîner par le problème insoluble, l’appartement saccagé, et je vous gâche le suspens, il trouve une solution radicale, qu’il expose dans sa lettre avant de la mettre en pratique, qui nous aura bien fait rigoler, l’espagnole et moi, avant que je n’évoque mes souvenirs de La nuit face au ciel.

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A propos Erick

Diététicien, INFP, yogi coincé, coureur amateur. Buts: écrire mieux, donner du sens à chaque expérience en organisant par écrit mes impressions !
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