Au nom de Boby (Julio Cortázar, recueil « Façons de perdre »)

Birthday Cake

C’est l’anniversaire de Boby. Sa tante se souvient des cauchemars de Boby, de sa difficulté à différencier le rêve de la réalité, surtout quand sa mère était si semblable à celle du cauchemar.

Jusqu’à ce que les cauchemars cessent. Et maintenant, sa tante le surveille, car s’il a pu le lui faire dans le rêve, n’en a- t- il pas été perturbé?

« Ce jour- là, il ne l’a regardée de cette façon qu’une fois, quand elle a allumé les bougies, à peine une seconde avant de baisser les yeux et de dire, en petit garçon bien élevé qu’il est : « Quel joli gâteau, maman », Juanita a approuvé et Mario Panzani aussi. »

Le poids du passé a l’air lourd, d’emblée, pour la tante, qui sait ce que ce regard signifie, et qui veille, donc.

« Je me suis couchée et je n’ai pas voulu lire, j’ai peut- être eu tort car le sommeil ne venait pas et c’était comme toujours à cette heure, où la volonté est engourdie et les idées sautent de tous côtés et prennent un air de vérité, tout ce que l’on pense soudain est vrai et presque toujours horrible, et pas moyen de s’en débarrasser même en priant. »

Visiblement, il y a moins d’un an, Boby avait commencé ses cauchemars, dans lesquels sa mère était méchante avec lui.

 » […] mais quelques jours plus tard il s’est réveillé très tôt en pleurant à gros sanglots et quand je suis arrivée à son  lit il m’a serrée dans ses bras et n’a pas voulu parler, il ne faisait que pleurer et pleurer, un autre cauchemar sans doute, et à déjeuner il a dû s’en souvenir tout à coup et il a redemandé à ma sœur pourquoi quand il dormait elle était si méchante avec lui. »

Vient alors que la mère attrape une pleurésie. La tante convainc Boby de ne pas inquiéter sa mère avec ses cauchemars, ce qu’il tait, même passée sa convalescence.

La tante se remémore un passé plus lointain, la séparation, l’attitude de la mère envers Boby. Impossible de ne pas songer aux cauchemars comme une manifestation des sentiments de ce temps- là, où effectivement, elle était méchante!

Puis la fixation de Boby sur un grand couteau que manie la tante ne laisse pas l’ombre d’un doute : il regarde sa mère avec le même regard, sans doute a- t- il décidé d’éliminer la source de ses cauchemars …

Mon avis

Qu’est- ce qui est perdu ici ? Ça m’a tout l’air d’être la tranquillité de la tante. Car la fin de la nouvelle éclaire l’origine de la fin des cauchemars, et la façon dont il y a mis un terme.

Mais on peut dire aussi que le rôle de la mère s’est perdu, pour la mère, transmis maintenant à la tante.

Il y a une ambiguïté finale, cependant. Boby revient à pas lents vers sa tante, comme s’il a quelque chose à se reprocher. Pour en découdre avec les cauchemars, a- t- il tué sa mère avec le grand couteau, d’où ses sanglots finals, ou bien est- ce son assassinat dans le cauchemar qui l’amène à se focaliser dans la réalité sur sa mère et le grand couteau, avec le même regard ?

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A propos Erick

INFP, en transition : écrire mieux, donner du sens à chaque expérience en organisant par écrit mes impressions !
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