Une fleur jaune (Julio Cortazár, recueil « Fin d’un jeu »)

Amarilla by Lucho Molina, on Flickr

Crédit : Lucho Molina – http://www.flickr.com/people/aku-ma/

Cortazár aborde ici le thème du double, à la manière de « L’immortel » de Jorge Luis Borges.

Le double ici, c’est le garçon que découvre un homme à la vie médiocre, qui le voit comme le calque des souvenirs de son enfance.

D’abord désespérant, car condamné selon l’homme à vivre une vie aussi médiocre que la sienne, il devient un espoir de postérité, pourvu qu’il découvre la preuve qu’un autre double existe.

« Ce n’est pas une blague, nous sommes immortels. Je le sais par déduction, je le sais parce que je connais l’unique mortel. »

Ce début donne le ton. Le buveur, qui raconte son histoire, a découvert le principe de l’immortalité de chacun, et aussi que lui ne le serai pas.

Dans « L’immortel » de Borges, le détenteur de l’immortalité découvrait qu’il vivait en fait plusieurs vies successives, ) bord de corps différents.

Ici, le soulard raconte que chacun est immortel dans le fait qu’il existe à chaque époque l’un de ses avatars qui est condamné à vivre une vie sensiblement égale à celle de son prédécesseur.

Ainsi, la mort n’est pas une fin, puisqu’une copie de soi- même existera plus loin dans le temps.

Cependant ce n’est pas une immortalité dans le fait d’être intemporel, c’est un éternel recommencement.

Cette fatalité déprime d’abord le buveur, qui découvre qu’à peu de nuances, la vie de Luc, son double, se déroule à l’identique de la sienne.

Cependant, Luc meurt, là où le buveur avait résisté à la maladie. Celui- ci désespère alors, comprenant qu’il ne dispose même plus de l’assurance de l’éternelle répétition de sa vie banale au fil du temps. Il devient alors frénétique, recherchant un autre double, et noyant dans l’alcool sa peine de ne pas le trouver.

Mon avis

Dans « La lointaine », Cortazár abordait la thématique du double comme un autre soi menaçant, obsédant, néfaste.

Dans « Axolotl« , le double semblait était issu de la fragmentation de l’esprit, présent dans des corps totalement différents.

Ici, le double est neutre, le buveur ne veut que du bien à Luc, et Luc ignore qu’il en est le double. C’est son existence qui fait peser la fatalité sur la vie de Luc, condamné à vivre une vie similaire au buveur.

Mais cette découverte réduit aussi les choix de vie du buveur, qui sans doute est forcé malgré lui de suivre un modèle de vie imposé par son prédécesseur, dont il n’est qu’une copie…

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A propos Erick

Diététicien, INFP, yogi coincé, coureur amateur. Buts: écrire mieux, donner du sens à chaque expérience en organisant par écrit mes impressions !
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Un commentaire pour Une fleur jaune (Julio Cortazár, recueil « Fin d’un jeu »)

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