Fin d’un jeu (Julio Cortazar, recueil « Fin d’un jeu »)

Léticia, Holanda et la narratrice s’échappent de la surveillance de leur tante après avoir fait la vaisselle, pour jouer près de la voie ferrée.

L’un de leurs jeux préférés, c’est quand elles prennent des poses de statues, des attitudes pour personnifier des émotions.

Ce jeu est offert aux passagers du train sans arrêt.

Jusqu’au jour où Ariel, un passager, leur jette un message.

Le jeu gagne en intérêt : qui sera la préférée d’Ariel?

Léticia, cristal des attitudes

« […] Léticia était la plus maigre et pour comble de malheur, c’était une de ces maigreurs qui se voient, même habillées, au cou et aux oreilles. »

Léticia a une maladie qui limite ses mouvements. Aussi elle excelle dans le jeu des statues.

 « La plus jolie c’est la plus flemmarde. »

Ce message d’Ariel suggère son attachement pour Léticia.

Briser l’apparence et affronter la réalité nue

Alors, un jour, alors que Léticia, prévenue, se repose, Ariel descend du train et fait le trajet, à pied, jusqu’au lieu du jeu.

Son dépit est visible, cependant la narratrice est soulagée de l’absence de Léticia, qui est sans doute aussi restée à la maison pour éviter à Ariel sa désillusion en la voyant, malingre, et donner du temps au jeu des attitudes, le faire perdurer.

 « En allant nous coucher, Holanda me dit : « Tu verras que demain, fini le jeu ». »

Léticia, le jour suivant, subtilise à sa tante ses bijoux, pour offrir à Ariel une sublime représentation.

Au passage du train, celui- ci la voit alors telle qu’elle est.

Ainsi s’achève le jeu, l’amoureux s’en désintéresse quand il la voit, malade, et Léticia se renferme, alitée.

Mon avis

L’auteur est cynique, mais réaliste.

Il est question ici de l’amour, est- ce que l’amour d’une attitude, d’une apparence, d’un aspect, peut éclipser les penchants naturels?

Est- ce que l’imagination peut sublimer la réalité au point de la supplanter?

Visiblement non. Ariel est captivé par les attitudes des statues de Léticia. Mais elle est malade, physiquement. Aussi, il profite de la beauté de la représentation, avant de regagner la réalité. Esthétiquement, la statue était captivante, mais physiquement, son interprète ne lui plaisait pas. Ce qui met un terme au jeu.

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A propos Erick

Diététicien, INFP, yogi coincé, coureur amateur. Buts: écrire mieux, donner du sens à chaque expérience en organisant par écrit mes impressions !
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4 commentaires pour Fin d’un jeu (Julio Cortazar, recueil « Fin d’un jeu »)

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