Les Armes secrètes (Julio Cortazar, recueil « Les Armes secrètes »)

A Paris, Pierre attend Michèle, en vain. Après explications, la promesse de la quinzaine, à deux, seuls, l’amène à imaginer la maison.

  • « Y a-t-il une boule de verre au bas de la rampe chez toi?
  • Non, dit Michèle, tu confonds avec …

Elle se tait brusquement, comme si quelque chose lui serrait soudain la gorge. »

Les phrases en allemand, Enghien, des pensées qui parasitent l’existence de Pierre

« Tu lui fais peur, tu lui fais horreur, parfois elle te repousse au plus profond d’un baiser, elle ne veut pas coucher avec toi, il y a quelque chose qui la dégoûte, ce matin même elle t’a repoussé violemment, qu’elle était adorable après et elle s’est serrée contre toi au moment de te quitter. »

Autant Pierre a des souvenirs de Michèle dans sa maison, qui ne peuvent exister, autant Michèle a un comportement étrange de rejet vis- à- vis de Pierre, que, pourtant, elle aime.

« Cela t’arrive- t- il de penser soudain à des choses qui n’ont rien à voir avec ce que tu étais en train de penser? demande Pierre. »

« Il s’entend parler, il voit Xavier dans un miroir, la nuque de Xavier; il se voit lui, qui parle pour Xavier (mais pourquoi faut- il toujours que je pense qu’il y a une boule de verre en bas de la rampe). »

De toute évidence, Pierre souffre de trouble dissociatif de la personnalité. Ou bien …

Les feuilles mortes

Les souvenirs parasites de Pierre s’amplifient. Des feuilles mortes sur son visage, liées à Enghien.

« […] mais elle se réveille, elle, elle sait qu’elle laisse son rêve derrière elle, qu’il ne se mêlera pas aux bruits de la rue, aux visages des amis, qu’il n’est pas cette chose qui se glisse dans les occupations les plus innocentes de la journée. »

Visiblement, Pierre est hanté par ses cauchemars. Ou possédé. Pierre, dans ses faux souvenirs, a déjà vu Michèle nue. Et tout laisse penser qu’elle n’était pas consentante.

« Il la lâche brusquement et regarde ses mains comme su elles n’étaient pas à lui, il entend la respiration précipitée de Michèle, le sourd grognement de Boby sur le tapis. »

La duplicité de Pierre dans ses attitudes vis- à- vis de lui- même semble perturber aussi Boby, le chien de Michèle, une fois arrivés chez elle.

Michèle raconte à Pierre ses souvenirs  à Enghien, durant la seconde guerre mondiale. Elle s’interrompt alors que l’attitude de Pierre change à lui faire peur.

Pierre s’en va. Sur sa moto, il retrouve ses esprits, il se reconnait. Serein, il revient vers la maison de Michèle, il monte l’escalier avec de nouveau cette attitude qui n’est pas la sienne, et Michèle accueille, à bras ouverts, son bourreau, sur son lit.

Mon avis

Cortazar produit un conte où le narrateur s’observe sans se reconnaître, avec des attitudes qui ne lui appartiennent pas.

Le dénouement lève le voile sur le mystère. Pauvre Pierre, victime de cette vengeance d’outre- tombe, pauvre Michèle, poursuivie par cet esprit vengeur, avilissant le visage de celui qu’elle aime.

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A propos Erick

Diététicien, INFP, yogi coincé, coureur amateur. Buts: écrire mieux, donner du sens à chaque expérience en organisant par écrit mes impressions !
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