Les rescapés du vol 29, un « LOST » réaliste ?

Depuis deux semaines, sur France Ô, je visionne « Les rescapés du vol 29 ».

Une énième série pour enfants, qui vivent comme Robinson Crusoë, ou dans une ambiance plus proche de « LOST » ?

Une histoire bateau ?

L’histoire en elle- même est toujours la même sous ce ciel bleu du Pacifique :

  • Des lycéens organisent un voyage de confrontation à la nature, en avion;
  • Un violent orage cause le naufrage de l’avion sur une île déserte;
  • Oh, mais, zut alors, combien de temps vont- ils devoir attendre avant l’arrivée des secours ?
  • Alala, la vie sauvage ça va être DUR.

Sauf que non! Ici, on n’a pas le groupe classique de naufragés qui désespèrent. Dès le départ, le capitaine Russel et trois lycéens décident d’explorer une autre partie de l’île, les 7 autres lycéens restant près de l’épave, organisant leur survie.

Matériel de départ

L’avion s’étant écrasé sur la plage, il est cependant en assez bon état. Les naufragés disposent donc de toutes leurs affaires, prévues pour camper, et de la trousse de secours médicale.

Des stéréotypes en apparence

Chacun campe un personnage au début de la saison 1 (si, si, il y a eu des suites!) :

  • Lex, le benjamin du groupe (demi- frêre surdoué de Daley, environ huit ans), répare la radio de l’avion. Ils disposent donc de la musique d’une radiodiffusion captée par hasard, et de l’espoir d’être secourus par chance par un autre avion, interceptant leur message de détresse.
  • Daley est la plus organisée, froide et logique.
  • Nathan est fonceur et passionné, l’opposé de Daley, mais partageant la volonté de commander le groupe.
  • Éric est le branleur rebelle qui rejette l’autorité et tente de s’opposer à toute tentative d’apporter sa contribution au groupe. Partisan du moindre effort, trouvant son sort injuste, rejetant l’utilité du partage des tâches, vécues comme des corvées inutiles.
  • Taylor est la pin-up du groupe. Souvent associée à Eric pour en faire le moins possible, incapable de quitter ses habitudes de civilisée pour s’adapter à la survie quotidienne obligatoire, cette expérience est une horreur sans fin pour elle.
  • Mélissa est la colle du groupe. Très empathique, elle s’efface pour pacifier les caractères et travaille à la cohésion de tous.
  • Jackson est le rebelle solitaire, un peu comme « Sawyer » de LOST. Inconnu car nouveau au lycée, il est perçu comme dangereux.

Vivre ensemble ou mourir seul se faire détester des autres

Chacun doit travailler à la survie quotidienne.

Quand les chips viennent à manquer, Nathan tente de cueillir des noix de coco à même la cime. Son accident, sans gravité, amènera le groupe à se borner au ramassage des noix sèches.

Ne pouvant donc pas boire l’eau de coco (puisqu’il n’y en a pas dans les noix sèches), ils cherchent une source, qu’ils trouvent miraculeusement. Là, les auteurs ont exagéré, dans Koh- Lanta souvent l’animateur leur indique où est la source, et là, les ados en trouvent une en un épisode.
Magique! Mais bon, c’est pour les enfants …

L’eau n’étant pas stérile, il leur faut la chauffer. Comme de par hasard – trop simple, ils ont un briquet Zippo !

Le coco, c’est bon, mais pas suffisant, alors ils trouvent des régimes de banane murs et des papayers déjà garnis de fruits!
Honnêtement, je me suis déjà perdu en forêt en Guyane Française. Je n’ai vu aucun fruit comestible et facile d’accès. Les singes sortent de la forêt pour manger les fruits « domestiques ». Le mythe du jardin du Pacifique féérique est entretenu !

Pour vaincre la faim, ils se mettent à la pêche. Nathan conseille Jackson qui nourrit alors tout le groupe.

Série sans intérêt ? Non !!

Alors que la zappette me démangeait, j’ai été interloqué :

  • La caméra pour le reportage leur permet de faire des apartés sur les évènements en cours. Le spectateur est donc pris à témoin, comme dans une télé- réalité.
  • Chaque épisode est découpé en scènes- clefs, dont les moments forts sont rappelés régulièrement (spot de 5 secondes avec percussions dynamiques), ce qui accroche pendant tout l’épisode. Impossible de le quitter avant la fin!
  • Malgré les « cadeaux » de départ (source, fruits), les réactions des lycéens restent réalistes.

Des personnages « vivants »

Pour développer, Mélissa était introvertie, et le demeure. Cette expérience renforce sa prise en compte des autres, et à l’heure où j’écris cet article, je ne l’ai pas vu encore penser à elle en premier, même pour le cœur de Jackson, elle cherche avant tout l’honnêteté de Jackson, qu’il lui dise s’il en aime une autre, et non pas à contrôler l’impalpable. Sans doute une INFP, vu son caractère introverti, ses capacités à s’investir dans une cause (parrainer Jackson pour le voyage), et son attitude sacrificielle (le bonheur des autres avant le sien).

Jackson arrive au lycée accompagné d’officiers de probation, il est donc catalogué comme un problème à peine arrivé. Sur l’île, il reste à part, ne partageant rien avec des « gosses de riches ». Ils vont devoir faire leurs preuves pour gagner sa considération, ce qui inverse les rôles. Car Jackson sait se débrouiller.

Eric accoste Jackson avec deux lycéens. Le trio est comme des fouines à l’affut de la détresse des autres. Aucune surprise sur l’île, où Eric abhorre l’autorité et tente de se soustraire au groupe, quand il ne fomente pas un mauvais coup. Mais Eric va se rendre compte que sans les autres, il serait perdu, car il n’a aucun talent. Au départ. Débutant à zéro, il va tout de même faire des efforts pour quitter l’île, même s’ils sont éclipsés par ses sales manières de glandeur.

Daley et Nathan, qui se rejoignent dans leur volonté de commander les autres, vont devoir se faire à l’autorité de Jackson, qui est plus la coordination sans contrainte en vue de la survie du groupe.
Cependant, si Nathan renonce à diriger par la suite, quand Jackson cède sa place, Daley reprend les rennes avec son utopie de « démocratie par le vote » (vite décriée par Jackson, qui raille le vote avec la volonté d’y trouver son intérêt, très loin souvent de l’intérêt général).

Taylor est la pin-up. Tout semble tourner autour de son physique, ses cheveux, et du malheur de ne pas pouvoir mettre de déodorant.
Cependant, elle se révèlera fine psychologue pour pacifier les esprits, et il s’avèrera que l’experte en pêche, derrière les conseils donnés par Nathan, c’était elle!
Bien qu’elle ne mette rien en avant, perturbée par son status de naufragée loin de la civilisation.
Doutant aussi de ses propres qualités, rappelées par Jackson, ce qui les rapprochera.

Lex est le petit garçon qui donne de l’espoir : la radio, la musique, les jeux sur la plage, le feu, le potager, il a suffisamment de curiosité et d’ingéniosité pour permettre au groupe d’aller de l’avant.
Mais il reste un petit garçon en détresse, ce qu’il prouvera en fin de saison 2.

Épreuves de groupe

Les épreuves traversées par le groupe sont prévisibles, et rappellent Sa Majesté des mouches, la violence en moins.

Le changement de chef traduit aussi les désaccords fréquents.

Le vote devient vite une dictature pour ceux qui ont « mal voté ».

Les fautes commises conduisent … à rien! Comment punir quand tous sont co- dépendants?

Le groupe est tiraillé entre l’attente des secours (réaction d’enfants comptant sur les adultes) et l’exploration de l’île, à la recherche des autres ou de signes de civilisation ( autonomie, réaction adulte). Ça retranscrit bien leur caractère adolescent, entre deux âges.

Inspiration

Mais le plus important, pour moi, c’est que ça m’a rappelé de mauvaises expériences :

  • la fois où je me suis perdu 3 heures en forêt;
  • celle où, pris par le courant en direction du large, j’ai failli ne jamais regagner la plage;
  • toutes les fois où, en bivouac, un feu serait utile, mais que je n’avais pas de briquet, ou ne savant comment construire un feu, j’ai laissé faire;
  • les résultats de pêche, toujours bredouille.

Et donc, des sites web comme ArtOfManliness, ou un livre comme « 211 Idées pour devenir un garçon génial » sont à consulter, jusqu’à ce que je possède les compétences pour survivre à une situation de crise !

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A propos Erick

Diététicien, INFP, yogi coincé, coureur amateur. Buts: écrire mieux, donner du sens à chaque expérience en organisant par écrit mes impressions !
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