Bestiaire, de Julio Cortazar

Premier recueil de Cortazar, introuvable en France, car allégrement utilisé par les éditeurs pour agrémenter d’autres recueils du maître, il est au complet dans « Nouvelles, histoires et autres contes ».

Ces nouvelles ont cela de commun que le fantastique s’invite dans le quotidien, d’une incongrue manière, désobligeante, avec laquelle il faut composer.

  • Dans Maison occupée, un frère et sa sœur, vivant une vie de célibat à deux, sont poussés peu à peu à abandonner la maison, les pièces devant être condamnées, au fur et à mesure. Une façon pour la maison de leur dire « fichez l’camp! » .
  • Lettre à une amie en voyage débute par le récit désagréable de l’adaptation à un logis qui n’est pas le sien, surtout quand on a la fâcheuse habitude, en cas de stress, de vomir des lapins …
  • La lointaine est terrible, en cela que l’héroïne part en quête de son double, depuis qu’elle a découvert son identité, contenue dans l’anagramme de son identité.
  • Autobus est stressante dans la narration d’un voyage en bus, où les héros ressentent la nécessité de fuir car, ne se fondant pas dans la masse, la foule y compris le chauffeur, leur renvoient l’impression d’un lynchage à venir.
  • Céphalée personnifie, de façon inquiétante, les symptômes annonciateurs, crescendo, d’une migraine.
  • Circé est une histoire d’amour , à la manière de « A la folie, pas du tout » (avec Audrey Tautou, excellente en folle imperceptible), où le personnage principal va, suite à une focalisation sur elle, en tomber amoureux, jusqu’à basculer dans la réalité, et, les yeux grands ouverts sur ce qu’il ne pouvait voir, choisir la suite à donner à son idylle.
  • Les portes du ciel , c’est la vision du paradis de Célina, qui est offerte à deux proches, alors qu’ils s’attardaient à un cabaret pour fuir ses obsèques.
  • Bestiaire prend au piège une famille avec un fauve sauvage. Mais le plus sauvage n’est pas celui auquel on s’attend.

Mon avis

Pour un premier recueil, le principe de la chute, qui, à la manière de sixième sens, de M. Night Shyamalan, permet de changer de perspective, ou d’assembler des éléments épars a priori sans intérêt (« on comprend tout à la fin ») est déjà présent.

Les nouvelles sont attachantes, j’ai l’impression que Julio a emprisonné ses obsessions, ses peurs, et qu’à la lecture, j’en ai récupérées quelques unes. Je compte sur vous pour en prendre la charge à ma place (la Lointaine est bouleversante, surtout quand l’héroïne se sourit avant de s’éloigner … d’elle- même !! Terrifiant.)

Le côté fantastique est porté, non pas par l’impossibilité des créatures de Cortazar, sinon l’association d’éléments qui pervertissent le quotidien : le stress qui s’accumule et perd les personnages.

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A propos Erick

Diététicien, INFP, yogi coincé, coureur amateur. Buts: écrire mieux, donner du sens à chaque expérience en organisant par écrit mes impressions !
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Un commentaire pour Bestiaire, de Julio Cortazar

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