La porte condamnée (Julio Cortazar, recueil « Fin d’un jeu »)

Hidden door

Crédit : Le Batteur de Lune – http://www.flickr.com/photos/amre/1476216237/

Le séjour de Petrone est perturbé par les pleurs de bambin de la chambre voisine.

Pourtant, sa voisine vit seule …

L’hôtel

Petrone arrive à Montevideo, en Uruguay, pour un séjour d’affaires.

Il choisit de vivre dans un hôtel désert, comme abandonné, pour la tranquillité. Cependant, dès la première nuit, il dort mal. Son sommeil a été interrompu, il lui a semblé entendre des pleurs.

Mais le gérant lui confirme que dans la chambre attenante, il n’y a qu’une femme vivant seule. Il aura sans doute rêvé.

Le mystère de la porte close

Le sommeil est important pour Petrone, car il espère rapidement conclure ses affaires afin de rentrer à Buenos Aires.

Le soir suivant, son sommeil est de nouveau interrompu par des pleurs, qui semblent s’échapper du bas d’une porte, condamnée par une armoire, afin de masquer une issue vers la chambre voisine.

Après réflexion, il comprend qu’il s’agit des mêmes pleurs que la nuit précédente, et qu’il n’avait rien imaginé.

« Si la porte condamnée ne s’était trouvée là, les pleurs n’auraient pas pu vaincre les fortes épaules du mur, personne n’aurait su que dans la chambre voisine un enfant était en train de pleurer. »

Imagination et certitudes

Le doute l’étreint face aux certitudes du gérant.

« Un enfant? Vous avez dû vous tromper. Il n’y a pas d’enfant à cet étage. A côté de votre chambre habite une dame seule, je crois même vous l’avoir déjà dit. »

Cependant, au cours de la nuit, il entend de nouveau les pleurs. Adossé au plancher, contre la porte condamnée, que masque une armoire, il entend sa voisine qui tente de calmer les pleurs de l’enfant.

Petrone s’imagine alors qu’elle est folle, et que dans sa folie elle mime la présence d’un enfant. Pour le retour du silence, il déplace l’armoire et imite les braillements. La femme, à grand cri, s’arrête aussitôt.

Épilogue

A la suite de cette nuit, la voisine quitte l’hôtel. Sans raison apparente.

« C’était sa faute si cette femme quittait l’hôtel, folle de peur, de honte ou de rage. Il y avait longtemps qu’elle était là … C’était une malade, peut- être, mais inoffensive. »

N’alignant pas ses pensées avec ses actes, il ne va pas s’expliquer avec elle. Aussi, il garde un sentiment de gêne, qui l’empêche de profiter du calme retrouvé, dans sa chambre. Jusqu’à ce que les pleurs retentissent.

Mon avis : La chambre dérobée

Un récit à rapprocher de Maison occupée et Histoire avec des mygales. Les bruits voisins proviennent d’un monde imaginaire, ou ne semblent pas réels, mais ont une incidence sur le personnage.

Après le départ de la dame, Petrone comprend qu’elle n’était pas folle, qu’elle n’essayait pas de l’empêcher de dormir, mais, bien au contraire, qu’elle tentait de bercer l’enfant, afin qu’ils puissent dormir.

La farce de Petrone aura sans doute réveillé cette femme, qui ne trouva alors plus de raison de rester, qui se sentit libre de quitter les pleurs.

La persistance des pleurs amènent à comprendre qu’ils sont transmis par la porte. Une porte qui capte les pleurs d’un fantôme, ou bien qui filtre les sons d’une chambre qui n’existe pas, qui est inaccessible.

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A propos Erick

Diététicien, INFP, yogi coincé, coureur amateur. Buts: écrire mieux, donner du sens à chaque expérience en organisant par écrit mes impressions !
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2 commentaires pour La porte condamnée (Julio Cortazar, recueil « Fin d’un jeu »)

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