Dîner d’amis (Julio Cortazar, recueil « Fin d’un jeu »)

Alors qu’il s’apprête à réunir ses vieux amis, Federico Moraes reçoit une lettre du docteur Alberto Rojas, qui revient sur les évênements de cette soirée.

Pourtant, la soirée n’a pas encore eu lieu …

Une nouvelle brève, sous format épistolaire, qui explore l’absurde d’une situation anachronique.

Format du récit

5 courriers composent cette nouvelle :

  • Federico Moraes rédige son invitation à dîner, au Dr Rojas, datée du 15/07/58, qu’il n’enverra pas;
  • car il reçoit aussitôt un courrier de Rojas, en date du 14/07/58, qui revient sur ce dîner, pourtant prévu plus tard, mais qui se serait déroulé le 14;
  • Federico n’envoie donc pas la lettre, mais répond, par écrit à ce qu’il croit être une farce, dont il a fait part, par téléphone, aux autres amis présents, selon Rojas, au dîner qui n’a pas encore eu lieu;
  • Rojas persiste par écrit, le dîner s’est bien déroulé, et le suicide de Funes, pris à part lors du dîner par Robirosa, confirme la gravité de l’affaire dont ils discutaient;
  • Federico répond une dernière fois à Rojas qu’il annule le dîner prévu, à la suite du décès.

Méprise

Rojas, dans ses courriers, garde un ton posé et détaché, qu’on peut rattacher à son éloignement physique des autres amis, à Lobos.
Il affirme que le dîner a déjà eu lieu, et les évènements causés par l’interprétation de sa lettre sont la conséquence de l’altercation entre Robirosa et Funes lors du dîner.

Federico tente de comprendre Rojas, qui doit lui avoir fait une farce, vu que le dîner n’a pas eu lieu.
Ses conversations téléphoniques sont le déclic qui conduit au suicide de Funes, indirectement causé par la farce épistolaire de Rojas.
Ce dernier n’admettant rien, il prend, une dernière fois, un ton impersonnel pour s’adresser à lui, ce qui signifie qu’il attribue à Rojas tous les tords occasionnés et qu’il ne le considère plus comme son ami.

En effet, on passe de « Mon cher ami » à « Mon cher Rojas », pour aboutir à un « Monsieur » détaché. De même, la lettre est brêve et ne fait qu’indiquer les faits, sans impliquer d’élément émotionnel.

Mon avis

Un texte anecdotique de Cortazar. Il n’a pas le temps de développer, en 5 lettres tout est joué.

Impossible de comprendre d’où vient ce décalage temporel, cet anachronisme, on n’en observe que les conséquences.

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A propos Erick

Diététicien, INFP, yogi coincé, coureur amateur. Buts: écrire mieux, donner du sens à chaque expérience en organisant par écrit mes impressions !
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2 commentaires pour Dîner d’amis (Julio Cortazar, recueil « Fin d’un jeu »)

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