La moelle de la vie, de Henry David Thoreau (500 aphorismes)

couverture du livre

Crédits : amazon.fr

Pourquoi ce livre? D’abord, ce n’est pas un livre. Plutôt un recueil de morceaux choisis de l’œuvre de Thoreau.

Comment ça, qui c’est? Walden, ou la vie dans les bois, ça ne vous dit rien? Le père de la désobéissance civile, qui a voulu vivre en marge de la société, en autonomie.

Bon, OK, je vois que vous êtes comme j’étais, avant de trébucher sur ce livre au Virgin Mégastore des champs Élysées. Par hasard, comme tous mes coups de cœur. C’est bien, écouter la musique du hasard, s’éloigner de son pré carré de certitudes.

Bon, allez, quelques- unes de mes citations préférées!

A week on the Concord and Merrimack Rivers

  • Lisez d’abord les meilleurs livres, de peur de ne les lire jamais.
  • Il n’est pas de loi plus invariable que celle qui veut que l’on soit toujours payé de nos soupçons en finissant par trouver ce que nous suspections.
  • Il y a des moments où nous en avons assez, même de nos amis.
  • Un ami est quelqu’un qui nous fait toujours l’honneur d’attendre de nous toutes les vertus et qui est à même de les apprécier en nous.
  • Dans nos relations quotidiennes avec les hommes, nos facultés les plus nobles restent en sommeil et menacent de rouiller. Personne ne nous fera l’honneur d’attendre de nous que nous fassions montre de générosité. Bien que nous ayons de l’or à donner, on ne nous demande que du cuivre.
  • Le poète est celui qui a assez de graisse, comme les ours et les marmottes, pour se lécher les doigts tout l’hiver. Il hiverne et se nourrit de sa propre moelle.
  • Mon ami n’appartient pas à une autre race ou à une autre famille d’hommes, mais il est la chair de ma chair, le sang de mon sang. Il est mon véritable frère.
  • Pour l’essentiel, nous confondons stupidement un homme avec un autre. L’imbécile ne distingue que des races, des nations, ou, au mieux, des classes; mais l’homme sage ne voit que des individus.

Letters

  • Nous ne sommes pas ce que nous sommes. Nous ne nous traitons pas comme tels, mais comme ce que nous sommes capables d’être.
  • Rien ne rend la terre aussi vaste que d’avoir des amis à distance : ils font les latitudes et les longitudes.
  • Ne soyez pas trop moral. Vous pourriez vous priver de beaucoup de vie. Visez  plus loin que la moralité. Ne soyez pas simplement bon, mais soyez bon à quelque chose.
  • Ne vous attendez pas à trouver les choses telles que vous croyez qu’elles sont.

La vie sans principe

  • La plupart des hommes se sentiraient insultés si on leur proposait de les employer à jeter des pierres par- dessus un mur, puis de les jeter dans l’autre sens, dans le seul but de gagner leur salaire. Mais aujourd’hui bon nombre ne sont pas mieux employés.
  • Les moyens de gagner de l’argent vous entraînent presque sans exception vers le bas.
  • Il n’est pas d’individu plus fatalement inconsidéré que celui qui consume la majeure partie de sa vie à la gagner.
  • Mieux vaut mourir de faim que perdre son innocence afin de gagner son pain.

La désobéissance civile

  • Celui qui se dévoue entièrement à son prochain lui apparaît inutile et égoïste, mais celui qui se donne à lui avec parcimonie est déclaré bienfaiteur et philanthrope.
  • Sous un gouvernement qui emprisonne injustement, la vraie place de l’homme juste est en prison.
  • Si une plante ne peut vivre conformément à sa nature, elle se meurt; il en va de même pour l’homme.
  • Le citoyen doit- il, ne serait- ce que pour un seul instant et aussi infiniment que ce soit, abandonner sa conscience au législateur?

De la marche

  • Toutes les bonnes choses sont sauvages et libres.
  • Les hommes sont dans l’ensemble identiques, mais ils ont été créés multiples afin de pouvoir être différents.
  • Ce que nous appelons le savoir est notre ignorance positive, et l’ignorance, notre savoir négatif.
  • Si vous êtes prêts à quitter père, mère, frère, sœur, femme, enfants et amis, et à ne jamais les revoir; si vous avez honoré toutes vos dettes, rédigé votre testament, réglé vos affaires et êtes un homme libre; alors vous êtes prêt pour aller marcher.
  • Le héros est en général le plus simple et le plus obscur des hommes.
  • Pour l’essentiel, qu’est donc notre prétendu savoir fanfaron, sinon la vanité que nous tirons de savoir quelque chose qui nous dépouille de notre véritable ignorance?

The natural history of Massachusetts

  • Nous devons regarder longtemps avant de parvenir à voir.
  • La sagesse n’examine pas, mais elle observe.

Paradise to be (re)gained

  • Qu’est- ce que le temps, sinon l’étoffe dont est fait le retard ?

Automnal tints

  • Le paradis pourrait être défini comme l’endroit que les hommes évitent.

The last days of John Brown

  • Quand un acte noble est accompli, qui est à même de l’apprécier?  Ceux qui sont nobles eux- mêmes.
  • Comment l’homme peut- il voir la lumière qui n’a pas répondu à une lumière intérieure?

A yankee in Canada

  • La perfection du voyage est de voyager sans bagage.

Journals

  • Mon désir est de savoir ce que j’ai vécu afin de pouvoir savoir comment vivre par la suite.
  • L’homme est l’artisan de son propre bonheur.
  • Telle est toujours la beauté : ni ici ni là, ni maintenant ni alors, ni à Rome ni à Athènes, mais partout où il y a une âme à admirer. Si je la cherche ailleurs parce que je ne la trouve pas chez moi, ma quête s’avèrera infructueuse.
  • L’homme peut- il faire moins que de se relever et se ressaisir ?
  • L’homme n’est pas né d’emblée dans la société – c’est à peine s’il l’est dans le monde. Le monde qu’il est cache un temps le monde qu’il habite.
  • Il n’est d’autre remède à l’amour que d’aimer davantage.
  • Tirez autant que vous pouvez de vos regrets, n’étouffez pas votre chagrin, mais prenez- en soin et choyez- le jusqu’à ce qu’il en vienne à offrir un intérêt séparé et intégral. Regretter profondément, c’est revivre.
  • Mon ami sera bien meilleur que moi, tout comme ce à quoi j’aspire est bien plus élevé que ce que j’accomplis.
  • Je ne demande pas plus à un homme d’être mon ami, que le soleil ne demande à la Terre  d’être attirée par lui. Il ne lui appartient pas de donner, il ne m’appartient pas de recevoir. Je ne puis pardonner à mon ennemi, c’est à lui de se pardonner.
  • La vie la plus positive que raconte l’histoire a toujours consisté à se retirer de la vie, à s’en laver les mains, à en comprendre la médiocrité et à ne pas s’en accommoder.
  • L’éloge commence quand les choses sont vues avec partialité. Nous commençons à louer quand nous commençons à voir qu’une chose a besoin de notre aide.
  • La vérité est toujours paradoxale.
  • Celui qui ne résiste pas du tout ne se rendra jamais.
  • Pour vous forger un bouclier invulnérable, rentrez en vous- même.
  • Soyez résolument et fidèlement ce que vous êtes, soyez humblement ce que vous aspirez à être.
  • Tout le troupeau des hommes multiplié plusieurs fois n’atteindra jamais la valeur d’un ami.
  • Un homme courageux connait toujours le chemin, quelque complexes que soient les routes.
  • Si je ne suis pas moi, qui le sera ?
  • L’amour n’analyse pas son objet.
  • Nous ne pouvons pas nous passer de nos péchés : ils sont la grand- route de notre vertu.
  • L’amour ne se parjure jamais, pas plus qu’on ne le trompe.
  • Cultivez l’habitude de vous lever tôt. Il n’est pas sage de garder longtemps la tête au même niveau que les pieds.
  • Ce qu’il y a de particulier dans la vie d’un homme ne consiste pas dans son obéissance, mais dans son opposition à ses instincts. Dans une direction ou dans l’autre, nous luttons pour mener une vie surnaturelle.
  • Qu’un homme marche au son de la musique qu’il entend, quelle qu’en soit la cadence.
  • Qu’il est vain de s’asseoir pour écrire quand on ne s’est pas levé pour vivre.
  • Je ne tire aucun plaisir de parler avec une jeune femme simplement parce qu’elle a des traits réguliers.
  • Saisissez chaque opportunité de vous exprimer par écrit, comme si c’était la dernière qui se présentait à vous.
  • Bien peu, si tant qu’il y en ait, quittent les sentiers battus.
  • Habitez aussi prêt que possible du lit où coule votre vie.
  • Plus d’un objet n’est pas vu, bien qu’il tombe à l’intérieur de notre champs visuel, parce qu’il ne vient pas à l’intérieur de notre champs intellectuel, autrement dit : nous ne le regardons pas. Ainsi, au sens large, ne trouvons- nous que le monde que nous cherchons.
  • Ce n’est que quand nous oublions tout ce que nous avons appris que nous commençons à savoir.

Walden, ou la vie dans les bois

  • Ils sont un millier à couper les branches du mal contre un seul qui s’attaque à ses racines.
  • La majorité des hommes mène une vie de tranquille désespoir.
  • Les plus belles qualités de notre nature, comme le velouté des fruits, ne peuvent être préservées qu’en les manipulant avec délicatesse. Et pourtant, nous ne nous traitons pas nous- mêmes ni les autres avec cette douceur.
  • Ce que l’on appelle résignation est du désespoir confirmé.
  • A la longue, les hommes n’atteignent que ce à quoi ils aspirent. Partant, et bien qu’ils soient susceptibles d’échouer tout de suite, ils feraient mieux d’avoir des objectifs plus élevés.
  • Chaque homme a pour tâche, même dans ses détails, de rendre sa vie digne de contemplation à ses heures les plus élevées et les plus critiques.
  • Ce n’est que quand nous sommes perdus, autrement dit que nous avons perdu le monde, que nous commençons à nous trouver, à réaliser où nous sommes et l’étendue infinie de nos relations.
  • Chaque jour, nous devrions rentrer chez nous de loin, après des aventures, des périls et des découvertes,  avec une expérience et un caractère nouveaux.
  • Chaque homme est le bâtisseur d’un temple appelé son corps.
  • Si ordinaire que soit votre vie, affrontez- la et vivez- la : ne l’évitez pas et ne l’insultez pas. Elle n’est pas aussi mauvaise que vous l’êtes.
  • J’aurai au moins appris cela grâce à l’expérience : si quelqu’un avance en toute confiance dans la direction de ses rêves et s’efforce de mener la vie qu’il a imaginée, il rencontrera un succès auquel il ne se serait pas attendu aux heures ordinaires. Il laissera des choses derrière lui, franchira une frontière invisible. De nouvelles lois universelles et plus libérales commenceront à s’établir d’elles- mêmes autour de lui et en lui. Ou bien les anciennes lois seront améliorées et interprétées en sa faveur dans un sens plus libéral – il vivra alors à un niveau plus élevé de l’existence. Plus il simplifiera sa vie, moins les lois de l’univers lui paraitront complexes.
  • Je voulais vivre profondément et sucer toute la moelle de la vie.
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A propos Erick

Diététicien, INFP, yogi coincé, coureur amateur. Buts: écrire mieux, donner du sens à chaque expérience en organisant par écrit mes impressions !
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3 commentaires pour La moelle de la vie, de Henry David Thoreau (500 aphorismes)

    • Erick dit :

      Bonsoire Chamane51,
      Je n’ai pour l’heure eu aucun des titres de Thoreau entre les mains. Walden fait partie d’une lecture pour plus tard.
      Le peu que j’ai découvert avec ces aphorismes m’amènent à considérer Thoreau comme un précurseur de la pensée de la place de l’homme dans son environnement.

  1. chamane51 dit :

    Oui exactement ! on peut peut-être associé John James Audubon ( naturaliste et ornithologue américain du début du XIXème siècle) pour la génération précédante, maistout commence avec Thoreau !

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