Asatte Dance et Golden Boy, mangas de développement personnel ?

Des mangas, « images irresponsables », bandes dessinées niaises japonaises. Pourraient- ils être autre chose qu’un divertissement passager entre deux stations de métro ?

J’aime les livres, et souvent j’essaye de regarder par- delà les apparences, accueillant les histoires imaginaires pour enrichir mon propre monde mental.

Mais, honnêtement, qui connait Asatte Dance, qui semble coincé au rayon « bandes dessinées étrangères d’un style indépendant, non commercial, à visée d’un public adulte et

avide d’images pornographiques » ?

Et Golden Boy, qui fait la publicité du fétichisme, de l’onanisme, avec un vagabond survivant de petits boulots sans intérêt, où réside l’intérêt de lire ce manga, hormis pour le plaisir des situations cocasses qui y fourmillent ?

Cependant, pour qui s’intéresse à la psychologie, et au développement de soi, passer à côté de ces sources de savoir semble être une erreur capitale.

Asatte Dance, la danse d’après- demain

Couverture du tome 1 d'assatte Dance

Crédit : amazon.fr

J’avoue tout. J’ai aimé ce manga de cul qui trônait parmi d’autres, dans la chambre d’un ami d’université. Et j’ai longtemps attendu sa réédition. Quel est son intérêt?

Suekichi Terayama (« suekichi » signifie  « absence de bonheur ») se réveille avec Aya entre les jambes. Totalement plein, il découvre beaucoup plus tard qu’il est l’héritier d’un parent éloigné, un héritage secret, dont a été informée Aya, par hasard.

Cette femme est- elle auprès de lui par intérêt ou par amour? Et quels sont ses propres sentiments? L’histoire ne choisit jamais entre rejet à passion, mais alterne les deux.

Suekichi doit réussir ses études, afin d’accéder à l’héritage. Mais sa passion pour le théâtre l’en détourne. Que choisir? Une vie rangée, sans passion, mais prometteuse (avec à la clef l’héritage!), ou une vie instable, mais porteuse de sens pour Suekichi?

L’amour et sa arrière, Suekichi les traite également, car il aborde la vie en dichotomie. Il faut choisir, et chaque choix a son inconvénient, le meilleur à ses yeux ne présentant surtout que des inconvénients.

L’intérêt de l’histoire, selon moi, c’est d’attirer le regard sur la difficulté de faire des choix. Comme le disait Neo (interprété par Keanu Reeves) dans MATRIX Reloaded, « le problème, c’est le choix ». Car le choix est une illusion, produite par sa propre conception du monde. S’il n’est pas possible de tout avoir, il n’est pas obligatoire de favoriser un domaine (le travail) pour pénaliser l’autre (l’amour).

Ainsi, l’histoire projette, à la fin, le futur, qui ne résout aucun problème. Au contraire, les problèmes semblent s’additionner. Pur moi, c’est la preuve que changer de façon de voir la vie est plus important que choisir dans un contexte où l’on n’est pas à l’aise.

Golden Boy, l’apprentissage de Kintaro

couverture du tome 1 de Golden Boy

crédit : amazon.fr

Kintaro Oe a quitté la fac de droit, qui n’avait plus rien à lui apprendre, afin d’apprendre à l’école de la vie.

Mais il ne semble jamais progresser, voguant de petits boulots en aventures sentimentales éphémères, grâce à son vélo tout terrain, parcourant tout le Japon.
Il sauvera le monde, un jour. Enfin peut- être …

Comment une telle larve pourrait – elle déjà sauver sa propre vie?

Chaque chapitre de l’histoire s’intitule Leçon 1, 2 … Mais quelles sont les leçons ? Il ne semble y avoir rien d’autre qu’une histoire prétexte à une aventure avec une fille. Jusqu’au tome 3.

Kintaro (« plaqué d’or », »doré ») est alors confronté à Kongoji (« l’homme tout en or »), un ami de son passé d’étudiant. Et les leçons commencent :

  • leçons de manipulation psychologique
  • manipulation physique (sexuelle, par la faim, l’épuisement physique)
  • gourou et disciple
  • niveau de conscience : être indépendant, faire partie d’un groupe dont on tire son orgueil, vivre pour ses désirs, vivre pour s’accomplir, manipuler les esprits puis dominer le monde pour l’améliorer, apprendre des autres et les aider à s’accomplir
  • type d’amour : physique, normé, universel, exclusif.
  • formes d’apprentissage : scolaire, expérimental, par observation, par appropriation des expériences d’autrui.

Bref, Golden Boy est vaste, et s’ouvre à plusieurs niveaux de lecture.La frustration finale de l’histoire crée un choc, pour ceux qui se sont pris au jeu de l’apprentissage. Car le manuel permet d’apprendre jusqu’à un niveau où il doit devenir obsolète, les expériences personnelles devenant une source de leçons d’une autre valeur, plus profonde.

Verdict

Difficile de résumer ces deux mangas en un seul article. J’ai brossé une esquisse, afin d’attirer l’attention sur l’apparence trompeuse des sources de leçons et d’expériences.

Mais il va me falloir du temps pour décrypter Golden Boy. N’ayant pas atteint un niveau de conscience suffisant, le message d’amour inclusif interpersonnel du dernier tome m’est encore hermétique …

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A propos Erick

INFP, en transition : écrire mieux, donner du sens à chaque expérience en organisant par écrit mes impressions !
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