Le voyage (Julio Cortazar, recueil « Dernier round »)

 

Gare du Nord

Crédit : Gare du Nord de hugh llewelyn – http://www.flickr.com/photos/camperdown/8067618120/

« Non, dit l’homme, ce n’est pas ça. Ce n’est pas possible que nous ne nous rappelions pas alors que juste en venant … « 

Un voyage.

Dans une gare.

Aucune action, car ce n’est pas compliqué.

Soudain la nouvelle oscille, entre fait divers anodin et fantastique, qu’en est- il réellement ?

La gare

La nouvelle débute avec un style presque télégraphique. Avec clarté, le mari construit son itinéraire, il répète ce que lui a dit Juarez, tout semble logique. Mais il lui faut se dépêcher de prendre ses billets de train, la gare est loin, et il devra y laisser sa voiture aux soins du chef de gare.

Destruction

Un élément soudain entraîne la perte de mémoire de l’homme. Il fait des efforts vains pour se rappeler l’itinéraire. Le guichetier tente de lui faire rappeler la destination, les escales. Sa compagne n’est pas un réel soutien, semblant elle aussi avoir été perdue par les explications de l’itinéraire.

Reconstruction

Par la recherche de sens, de logique, l’homme tâtonne pour retrouver les gares. Il reconstruit l’itinéraire, alors que le guichetier lui donne chaque fois les escales possibles, les indices pour se rappeler.

Surnaturel, ou style littéraire ?

La femme a un rôle étrange. Son attitude, désinvolte, désintéressée, prête à songer qu’elle essaie de ralentir le moment où l’homme pourra se souvenir, ou du moins n’aide pas réellement.

Dès le début, il restait à l’homme peu de temps pour prendre le billet. A la fin de la nouvelle, il est en retard, il lui faudra rouler encore plus vite.

mais la route vers la gare est boueuse. Le risque d’accident semble important.

Le guichetier semble voir le sourire de la femme, en fin de nouvelle. Réjouissance, mais pourquoi? Cela reste inconnu.

« Il n’arrive pas à savoir si elle sourit et peu lui importe, mais tout de même il voudrait bien savoir si elle sourit derrière tous ces cheveux dorés qui lui tombent devant la bouche. »

Mon avis

L’ ambiance est ambivalente. Soit la nouvelle traite d’un simple fait divers, soit d’une conspiration occulte, obscure contre le voyageur.

La nouvelle ne tranche pas, et donne un côté sombre, hantant,à ce moment banal, factuellement.
La narration de Cortazar fait de cette nouvelle un voyage entre le fantastique, le roman noir, et le fait divers, sans jamais choisir de station d’arrêt.

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A propos Erick

INFP, en transition : écrire mieux, donner du sens à chaque expérience en organisant par écrit mes impressions !
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Un commentaire pour Le voyage (Julio Cortazar, recueil « Dernier round »)

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