Le complexe du castor (film de Jodie Foster, avec Mel Gibson)

 

Affiche du film

crédit: amazon.fr – Le complexe du castor

Ceci est une image de Walter Black
Qui devait devenir un castor
Qui devait devenir un père
Pour qu’un jour cette image soit seulement celle de Walter Black
.

Dans ce film de Jodie Foster, son ami Mel Gibson campe un père de famille et chef d’entreprise dépressif. Délaissé par sa famille, au bout de 2 ans d’usure, Walter, ivre, décide de mourir. Pour finalement se réveiller avec un castor en peluche au bout d’une main. Sa vie dès lors est remise à flots, mais à quel prix ?

Le castor

L’irruption du castor dans la réalité de Walter est elliptique. Bien qu’elle soit filmée à chaque étape de son insertion dans sa vie, cette marionnette semble apparaître de façon providentielle.

On n’explique pas comment Walter réalise ses créations en bois, de ses deux mains, alors que sans le castor a son poignet, il est censé se terrer dans sa dépression.

La réalité

Le remède « castor » porte ses fruits, du moins en apparence. Car Walter semble de plus en plus un passager clandestin dans sa nouvelle vie. Le castor est là pour lui rappeler qu’il ne peut rien sans lui, car que peut un dépressif dont l’activité consiste à dormir, regarder la télévision, et s’enivrer jusqu’à l’oubli de soi?

Et ce qui était une méthode personnelle, improvisée, de lutte contre sa dépression, devient une pathologie psychologique. Le caractère que Walter adopte lorsqu’il parle avec la marionnette devient indispensable, avant de devenir une personnalité scindée de celle de Walter.

En effet, le monde de Walter le dépressif n’existe plus, balayé par les bienfaits du castor. Et Walter n’a plus aucune place nulle part. Il faut avancer, sans se retourner, brûler le passé. Ca ne signifie pas prétendre qu’il n’a jamais existé, c’est une méthode de pensée pour éviter la rechute en dépression.

Cependant, cela dépasse la convenance, puisque la personnalité de Walter fait partie des accessoires à abandonner, tout comme sa famille, qui n’est pas prête à le laisser aller de l’avant, qui souhaiterait simplement qu’il se réveille.

La dépression, en vrai, en film

Le problème, c’est que la dépression n’est pas comme la varicelle, qui démange et s’observe avec des petits boutons désagréables pleins de pus.

Tout se déroule à l’intérieur, et l’apathie de Walter, dépressif, est finalement vue comme de la paresse, comme une absence de volonté de sa part.

Aussi, sa femme n’hésite pas, lors du dîner de leur anniversaire, à lui demander de se débarrasser du castor, qu’elle en a assez, qu’il est temps qu’il se réveille.

De même, son adolescent ne saisi l’ampleur de la douleur du père que lorsqu’il est déjà trop tard.

Coup de coeur

La confrontation du castor et de Walter m’a rappelé la dispute entre Tyler Durden et son hôte, dans Fight Club.

Un problème psychologique semble ne trouver d’issue que physiquement. On pourrait s’attendre à des heures de thérapie qui ne seraient pas aisées à retransmettre à l’écran.

Ainsi, comme Tyler doit décider de celui qui possèdera le corps, Walter doit combattre cette personnalité qui a émergé au départ sous l’effet de l’alcool, de la dépression, et qui finalement le tient sous son joug quand il parvient à émerger de sa catatonie.

Mon avis

C’est une belle démonstration de Jodie Foster, qui capte un Mel Gibson vrai dans sa peinture de la dépression.

Rien ne semble facile, on sort des standards hollywoodiens du déprimé qui guérit par magie et d’un coup. Walter ne peut s’animer que par sa marionnette, et devient de nouveau apathique en son absence.

C’est le castor qui motive toutes ses actions. Et même lorsque une issue agréable semble possible, elle est recadrée par la réalité. Rien n’est obtenu sans effort, sans douleur.

J’ai adoré ce film court (moins d’une heure et demi), qui a su synthétiser la dépression telle que je la connais. Oui, j’en ai eu un aperçu. Le blog s’appelle du thé sur le canapé, mais j’ai aussi passé du temps allongé à regarder le plafond, à dormir, à ne pas pouvoir ne serait- ce que me faire à manger de la journée à cause du brouillard dans ma tête à cette époque de ma vie.

C’est pourquoi j’ai été étonné. Ce film est réel, ou du moins n’enjolive pas tout à fait la réalité. Le bémol, c’est que dans la réalité, la fille aurait cessé de fréquenter le fils de Walter, vu que son père était célèbre pour être perçu comme un dingue. Enfin, vu qu’elle avait des blessures elle aussi, ça explique, on va dire, pourquoi il y a un happy end de ce côté-ci…

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A propos Erick

INFP, en transition : écrire mieux, donner du sens à chaque expérience en organisant par écrit mes impressions !
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