Texte sur un carnet (Julio Cortazar, recueil « Nous l’aimons tant, Glenda »)

subway

Une incohérence dans des statistiques, qui finit en obsession destructrice.

Celui qui enquête, par des moyens étranges, finit par errer dans le métro argentin, jusqu’à comprendre l’invasion silencieuse qui se déroule à l’insu de tous…

Le narrateur, pointilleux, met en doute le contrôle de la fréquentation des stations de métro de Buenos Aires.

« […] le mercredi, sur un total analogue se produisit l’inattendu : il ne remonta à la surface que 113 983 personnes sur les 113 987 qui étaient descendues. »

Le narrateur a alors l’intuition qu’au sein du métro, il vit d’autres gens, semblables aux autres, mais qui rarement quittent le métro. Reconnaissables à leur teint pâle, il cherche à comprendre comment ils parviennent à subsister.

Par cette histoire, Cortazar décrit les mœurs des voyageurs réels de n’importe quel métro, et le surnaturel réside au fait qu’ils n’en sortent jamais. Monter ou descendre à une station  sans faire tout le trajet d’une ligne, dormir pendant le trajet, bouger sans cesse entre les stations pour ne pas être démasqué.

Le narrateur semble jouer à un jeu dangereux, suivant lui aussi des déplacements dans le métro au hasard. On s’attend  à une inversion de la réalité, comme avec le reflet d’un miroir, comme pour Axolotl ou la Lointaine.

Le glissement du narrateur au double(les intrus) est palpable, comme il comprend leur mode de vie, leur organisation, comment ils se nourrissent. Va-t-il devenir l’un des leurs, ou se faire démasquer?

L’invasion, lente, s’accélère au fil de la possession des rames de métro, et alors que le narrateur prend peur, et qu’il devrait être pris pour un fou, il est encouragé à poursuivre son enquête.

L’histoire se termine apparemment sur une hésitation: va-t-il descendre dans le métro et les démasquer? La peur le tenaille. Mais un indice est donné par Cortazar: le titre. « Texte sur un carnet ». Alors il a décidé de descendre, puis aura disparu. On n’aura découvert que son journal de bord. Et s’il n’y a eu aucune enquête (car rien ne le laisse supposer à la fin), on peut s’attendre à ce que les collègues du narrateur n’aient pas été informés(or il y a un recueil des objets trouvés du métro) ou que la situation est telle que les intrus sont maintenant maîtres du sous- sol.

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A propos Erick

Diététicien, INFP, yogi coincé, coureur amateur. Buts: écrire mieux, donner du sens à chaque expérience en organisant par écrit mes impressions !
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Un commentaire pour Texte sur un carnet (Julio Cortazar, recueil « Nous l’aimons tant, Glenda »)

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