Dernier round, de Julio Cortazar

Recueil de textes et de nouvelles, de longueurs et d’intérêt ou d’objet inégal, la constance de Dernier round réside à l’accompagnement obligé d’une image, pour illustrer, préciser, expliquer ou prolonger le texte.

De plus, étant massicoté dans sa largeur, ce qui permet un jeu d’associations avec d’autres textes. Mais ici, il ne s’agit que de la sélection pour le recueil de Gallimard.

Je ne souhaite pas rédiger un article pour chacun de ces textes, mes réflexions pour certains pouvant être abordées succinctement ici.

  • Les témoins : ayant aperçu une mouche volant sur le dos, un homme la confine dans un espace d’observation, au risque de paraître fou. Quand il décide de partager sa découverte, son ami lui démontre que cela sera voué à l’échec, que personne ne le croira.
  • Tourisme à conseiller : le narrateur dépeint l’Inde des parias, de la misère sans espoir, vécue dans un huis clos, une gare désaffectée et pourtant jonchée d’immondices, un dépotoir où vivent des familles, dont les générations se succèdent sans espoir de mieux. Chacun cherche à occuper un espace, comme s’il n’y avait aucun espoir d’un ailleurs meilleur. Ici, c’est l’ailleurs qui vient, le touriste avec son aumône, et j’ai senti la conviction de ces gens de n’avoir rien à espérer, piégés dans leur condition: dûe à leur naissance pauvre, à leur caste? Ce n’est pas expliqué. L’inde éternelle, de la misère et de la saleté. Que j’aimerais maintenant savoir incrustée dans le passée. Le recueil date de 1969. Rien de changé, à ce qu’en dit la télévision, et ma cousine qui y est allé.
  • Silvia, un conte fantastique, une histoire de passion pour une femme, qui existe bien, mais pas pour tout le monde …
  • Cette peau si profonde, un récit romanesque et érotique d’une étreinte …
  • Le voyage, un fait divers, ou un polar, ou un conte fantastique, impossible de le décider!
  • Una voce poco fa (inédit) : un récit sur le souvenir, de la voix, de la musique, chez Cortazar.
  • Siestes, des souvenirs pour retrouver trace d’un cauchemar, mais comment la réalité de tableaux pourrait- elle se manifester, de cette façon ?
  • Le trésor de la jeunesse (inédit), où Cortazar fait un pied- de- nez au progrès, en mettant en avant, d’une façon singulière, chaque prix qu’il aura fallu payer.
  • Pour une spéléologie à domicile : mise en abîme d’une réflexion autour de Barbe Bleue, et de la prise de conscience nécessaire pour transcender la vie dans laquelle on se trouve et parvenir à celle à laquelle on aspire en rêve.
  • Cyclisme à Grignan : illustration érotique de la rencontre d’une femme et d’une selle de vélo.

    « Il y avait d’autres clients dans le café, n’importe qui pouvait voir […] »
    « Je n’ai plus regardé que ça, la selle de la bicyclette, sa vague forme de cœur, le cuir noir terminé par une grosse pointe et arrondie, la jupe de légère toile jaune moulant l petite croupe ferme, les cuisses enchâssant la selle de part et d’autre mais qui sans cesse l’abandonnaient quand le corps se penchait en avant et descendait un peu dans le cadre métallique, à chaque mouvement l’extrémité de la selle s’appuyait un instant entre les fesses, se retirait, revenait s’appuyer. »

  • Très court métrage : sur un style télégraphique, un scénario de film réduit à son plus simple appareil, au sens propre aussi!
  • Œcuméniques sine die : réflexion sur l’universalité de l’être humain, au travers de la caste des bourgeois.
  • Vêtir une ombre : encore un récit érotique impossible à décrire; mieux vaut le lire et s’en faire son opinion. Cette histoire d’habiller en catimini une ombre, semble être une métaphore de la possession par la séduction d’une inconnue, que l’on apprend à connaître, puis une fois captivée, que l’on dépouille de tout pour en révéler la réalité. Mais une fois déshabillée, elle ne redevient pas une inconnue, c’est ainsi que l’on acquiert sa réelle connaissance. Comme s’il fallait d’abord l’envelopper puis la relâcher toute nue pour en avoir pleinement connaissance. Mystère, les femmes.
  • La nuit de Saint- Tropez : Cortazar décrit toute la lubricité des soirées luxueuses sur yachts dans la ville de tourisme huppé. Les lignes dégoulinent de luxe, de luxure, de sexe crasseux mêlé d’ostentation, de robes aguicheuses et de bécanes chromées.
  • Toute sphère est un cube : exemple de l’obstination à faire la réalité (la sphère, qui roule) cadrer avec ses théories(c’est un cube, donc ça ne roulera pas).
  • The canary murder case II :
  • Comme quoi on est très handicapé par les jaguars : réflexion sur les agressions du quotidien d’un citadin.
  • De la graphologie considérée comme un des beaux- arts : histoire absurde d’un graphologue, qui imitant l’écriture de Napoléon, en acquiert la personnalité. S’ensuit alors une bataille charismatique où l’enrôlement des quidams dans la guerre de l’empereur succède aux hauts- faits historiques mais transposés au XXème siècle, jusqu’à la défaite inéluctable.
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A propos Erick

INFP, en transition : écrire mieux, donner du sens à chaque expérience en organisant par écrit mes impressions !
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